Urgence dentaire : que faire avant de voir le dentiste
Dent cassée, expulsée, abcès ou douleur violente : les bons gestes dans les premières minutes, et ceux qu'il vaut mieux éviter.
Une urgence dentaire se reconnaît à trois signes : une douleur qui résiste aux antalgiques habituels, un gonflement du visage ou de la gencive, ou un traumatisme qui a cassé ou déplacé une dent. Dans ces situations, ce que vous faites dans la première heure pèse souvent plus que le reste.
À retenir
- Une dent définitive expulsée peut souvent être réimplantée, à condition d'agir vite et de la conserver humide. Jamais à sec, jamais dans l'eau du robinet.
- Attrapez-la par la couronne, jamais par la racine : c'est le ligament qui l'entoure qu'il faut préserver.
- Deux gestes à éviter sur un abcès : appliquer du chaud, et poser de l'aspirine sur la gencive.
- Fièvre, difficulté à avaler ou à respirer, gonflement vers l'œil ou le cou : c'est l'hôpital, pas le cabinet dentaire.
Une dent expulsée se rattrape, mais vite
C'est le cas le plus urgent, et paradoxalement celui où l'on agit le plus mal. Une dent définitive expulsée peut souvent être réimplantée, à condition que le ligament qui entourait sa racine reste vivant. Ce ligament se dessèche en quelques dizaines de minutes.
Les recommandations internationales sur ce point sont établies et convergentes (International Association of Dental Traumatology, recommandations 2020 sur l'avulsion des dents permanentes). Attrapez la dent par la couronne, la partie qui dépasse habituellement de la gencive, jamais par la racine. Si elle est sale, rincez-la brièvement au sérum physiologique ou au lait, sans frotter et sans savon. Vous pouvez tenter de la remettre dans son logement et de mordre doucement sur un mouchoir propre pour la maintenir. Si ce n'est pas possible, conservez-la dans du lait, du sérum physiologique, ou à défaut dans la salive, en la gardant contre la joue. Ne la transportez jamais à sec ni dans l'eau du robinet.
Une dent de lait expulsée, elle, ne se réimplante pas : elle risquerait d'abîmer le germe de la dent définitive en dessous. Consultez quand même, pour vérifier qu'aucun fragment ne reste dans la gencive.
Douleur, abcès, dent cassée : les bons réflexes
Pour une dent cassée sans expulsion, rincez à l'eau tiède, appliquez du froid sur la joue et conservez les fragments : ils sont parfois recollables. Évitez de mâcher de ce côté en attendant le rendez-vous.
Un gonflement de la gencive ou de la joue évoque un abcès, c'est-à-dire une infection. Là, deux erreurs reviennent souvent. La première est d'appliquer du chaud, qui accélère la diffusion de l'infection ; c'est le froid qu'il faut. La seconde est de poser un comprimé d'aspirine directement sur la gencive : au contact, l'acide brûle la muqueuse et n'agit pas sur la douleur dentaire. Les antalgiques se prennent par voie orale.
Un abcès qui s'accompagne de fièvre, d'une difficulté à ouvrir la bouche, à avaler ou à respirer, ou d'un gonflement qui s'étend vers l'œil ou le cou, ne relève plus du cabinet dentaire : c'est un service d'urgence hospitalier qu'il faut joindre sans attendre.
Ce qui peut attendre le lendemain
Toutes les douleurs ne sont pas des urgences. Une sensibilité au froid ou au sucré qui passe en quelques secondes, une gêne sous une couronne, un plombage tombé sans douleur, un appareil qui frotte : ces situations méritent une consultation rapide, mais pas une intervention nocturne.
La distinction utile est celle-ci : une douleur qui se déclenche à un contact précis et s'arrête avec lui peut attendre. Une douleur spontanée, qui bat au rythme du pouls, qui réveille la nuit ou qui s'accompagne d'un gonflement, non.
Prévenir plutôt que gérer dans l'urgence
La majorité des urgences dentaires ne surviennent pas par accident, mais au bout d'un problème connu et repoussé. Une carie profonde ignorée finit en rage de dent ; une gencive qui saigne depuis des mois finit en abcès. C'est ce qui rend le détartrage régulier utile bien au-delà de l'esthétique : l'examen qui l'accompagne repère les problèmes avant qu'ils ne deviennent urgents.
C'est aussi pour cette raison que la visite de contrôle annuelle est bien remboursée en Belgique : elle coûte beaucoup moins cher, en argent comme en inconfort, qu'un traitement d'urgence. Si vous n'êtes pas sûr du niveau de prise en charge de vos soins, notre article sur le conventionnement et les mutuelles détaille ce qui change selon le statut du praticien.
Si le traumatisme concerne un enfant, notre article sur la première visite chez le dentiste explique à partir de quel âge un suivi régulier est recommandé.
En cas de doute sur le caractère urgent de votre situation, appelez : décrire vos symptômes au téléphone prend deux minutes et permet de vous orienter correctement.